Interview de J-J. Golou, DG Coris Bank Bénin

Interview de J-J. Golou, DG Coris Bank Bénin

Jean Jacques GOLOU est l’un des plus jeunes gestionnaires de banque au Bénin. C’est au détour d’une conversation qui a commencé à Montréal à l’été 2017, puis poursuivie dans la capitale économique du Bénin en décembre que nous avons découvert cet homme pragmatique et talentueux. La ligne éditoriale de Performance Plus est allée à la rencontre de ce jeune dirigeant de banque qui nous raconte son parcours.

Bonjour, monsieur Jean-Jacques GOLOU, pouvez-vous nous décrire votre parcours?

Avec mon profil littéraire, j’aurais pu être avocat. Mais j’avais toujours en idée de devenir gestionnaire. J’ai préféré faire de la gestion parce que j’estimais que c’était ce que je pouvais faire pour être le plus utile à mon pays.

Après l’obtention de mon bac, j’ai effectué une année préparatoire à Brébeuf à Montréal. J’ai obtenu une bourse d’admission Leadership (aujourd’hui Bourse d’admission Mercure) pour entrer à HEC où j’ai fait un baccalauréat en finance au bout de 2 ans et demi. Puis, j’ai poursuivi mes études en suivant des cours de comptabilité et un programme de leadership stratégique pendant 2 ans pour intégrer l’ordre des CPA[1], CMA[2] du Québec. J’ai commencé à travailler à la banque en 2005 et je suis retourné aux études en 2010 pour faire un MBA[3] à Birmingham en Angleterre. Ce programme m’intéressait du fait qu’il faisait partie du top 100 des programmes de MBA au monde.

Quant à mon parcours professionnel, il n’est ni long ni compliqué. Après quelques emplois d’étudiant à Montréal, j’ai eu un contrat d’un an à Genève au département finances d’une compagnie pétrolière. Je suis rentré à Cotonou par la suite.

Ici, j’ai commencé par un stage à Ecobank Bénin, avant d’être confirmé comme chargé de compte en octobre 2005 et en 2008, je suis passé chef de division. En 2012, j’obtins le poste de directeur de département. J’ai choisi de partir à Coris Bank International en 2016 comme Directeur général. J’ai franchi ces étapes graduellement. En toute modestie, je voudrais reconnaître le leadership de certaines personnes comme Christian ASSOSSOU, Myriam ADOTEVI et Roger DAH-ACHINON, qui m’ont soutenu et continuent de m’inspirer beaucoup de respect.

Pourquoi la finance ?

En réalité, ma passion pour la finance remonte aux années 90 au moment où le Bénin renouait avec la démocratie. J’étais admiratif du parcours du Chef de l’État d’alors, le Président Nicéphore Soglo, grand financier, administrateur de la Banque mondiale et ainsi j’ai voulu lui ressembler. Il faut dire que mon père a travaillé aussi dans la Banque. À l’époque, il revenait à la maison avec des journaux, notamment Jeune Afrique, qui présentaient ces personnalités du monde de la finance. Et plus, j’évoluais dans mes études, plus l’envie de faire de la gestion se précisait. Je me suis dit qu’il fallait capitaliser là-dessus et essayer d’aller le plus loin possible.

J’ai aussi su très tôt que pour diriger une entreprise, une banque, il est important de comprendre tout ce qui est stratégie d’entreprise, gestion des coûts, organisation, management et autres. Ce qui explique mes choix de formation.

Comment s’est passé votre retour au pays?

Je n’ai pas eu de gros défis à cause de ma personnalité, je crois. J’ai rejoint en arrivant, Écobank qui offre un environnement assez laborieux. Je suis rentré jeune. À 25 ans, ça reste jeune pour quelqu’un qui démarre une carrière professionnelle. Je n’étais pas vraiment formaté. Mais avec beaucoup d’engagement, de volonté, un peu d’abnégation, de sacrifice et le souci constant de l’intérêt général, je n’ai pas eu du mal à trouver mes marques.

Parlez-nous un peu de votre banque?

Coris Bank International, succursale du Bénin est une entité du Groupe Coris. Créée le 23 décembre 2016, CBI succursale Bénin partage la solide assise financière, le capital de savoir-faire diversifié et les outils d’expertise moderne dont justifie Coris holding. CBI Succursale du Bénin perpétue son développement en misant sur la satisfaction totale du client, l’amélioration continue de la qualité de service, l’innovation, la proximité et la disponibilité.

C’est une banque qui souhaite apporter aux acteurs économiques (Particuliers, entreprises, associations, institutions, PME/PMI…) des solutions de financement adéquates et des produits bancaires qui répondent aux meilleurs standards internationaux. Coris Bank International, succursale du Bénin stimule l’activité économique par le financement de projets utiles. Elle participe à l’effort de bancarisation de la population à travers des offres spécifiques aux femmes, aux PME/PMI et une branche orientée Finance Islamique. Ainsi donc, à chaque étape, les femmes et hommes de cette Institution œuvrent pour le développement et l’épanouissement des populations au sein desquelles elle exerce ses activités.

Quels sont vos défis en tant que premier dirigeant au sein de Coris Bank International au Bénin?

Les défis au sein de CBI au Bénin, une banque nouvellement implantée, sont multiples et je les préfère tels quels. J’y ai bien pensé avant mon entrée en poste. Ils sont essentiellement de 03 ordres et portent sur :
D’abord, des ressources humaines de qualité, des femmes et des hommes solides et stables qui sont restés constants dans leur institution pendant de longues années. Il s’agit là de précieux collaborateurs avec lesquels il faut créer une certaine alchimie, une relation forte qui se construit avec le temps pour les garder mobilisés. Ensuite, la réputation de la banque. Il nous faut être une banque rentable, une banque sérieuse, respectueuse de ses engagements. Nous le sommes mais il faut le faire comprendre à l’opinion publique. Je dois m’assurer en tant que premier gestionnaire que les clients sont respectés. Enfin, la constitution d’un bon portefeuille solide et sécurisé.

Et c’est tout ceci qui donne à la banque, un vrai élan.

Un mot sur l’avenir de l’Afrique

L’avenir de l’Afrique ne dépend que de nous. J’aime bien la citation du Président Paul Kagamé qui nous exhorte à travailler, travailler jusqu’à ce que nous ayons très mal, parce qu’être pauvre fait encore plus mal. Nous avons intérêt à travailler pour nous faire respecter. Nous devons être, aujourd’hui, des exemples de valeur pour l’Afrique, de vrais patriotes, soucieux de la bonne gestion des ressources de nos États et de nos institutions.

Il nous faut être capable d’être à fond dans ce que nous faisons. Nous nous devons d’être très consciencieux non seulement au Bénin mais aussi dans la sous-région. C’est une nécessité pour nous, pour notre continent et pour la survie des générations futures. Mais le préalable à tout ceci reste et demeure un climat social stable et apaisé.

Et la diaspora?

Je me sens souvent de la diaspora quoique je sois rentré au pays. Et je suis persuadé que la diaspora a un rôle important à jouer dans l’essor des pays d’origine. De loin, elle peut influencer considérablement l’économie nationale. Il y a beaucoup de compatriotes qui vivent à l’extérieur et qui veulent investir au pays. Les ressources de la diaspora sont évaluées à des milliards de dollars et peuvent constituer un bon matelas pour faire du financement. C’est à nous, en tant que banque, de mettre en place une organisation pour canaliser ces flux. Il faut que les banques puissent intéresser la diaspora avec des offres spécialisées.

Vous êtes un leader remarquable. Votre secret?

Depuis mon enfance, j’ai eu à en assumer. En fait, j’ai souvent été capitaine d’équipes au football (soccer) et joué des rôles décisifs. J’aime donner l’exemple, imprimer le rythme et la direction. Je n’aime pas le statu quo. Je veille constamment à prendre de la hauteur. Je ne tiens rien pour acquis.

Je pense même parfois que je ne sais pas grand-chose et que les autres ont beaucoup plus à m’offrir. Je respecte les autres et recherche le mieux-être de mes collègues. Que chacun puisse s’épanouir et se réaliser.

Mais tout ceci dans la rigueur. Cette discipline me vient de mon père, à qui je rends ici hommage. Il m’a toujours donné ce conseil : « Écoutes, Jean-Jacques quand tu veux faire quelque chose, fais-le jusqu’au bout… ».

Et en tant que leader, je veille à maintenir l’équilibre entre le court terme et le long terme.

Un dernier mot monsieur le DG,

Je souhaite beaucoup de succès au Cub Performance Plus qui œuvre à valoriser la diaspora en Amérique du Nord et à faire converger les énergies vers le développement de l’Afrique.

C’est une initiative noble que je tiens à saluer. Je reste convaincu qu’en visant plus de performance dans nos quotidiens, nous parviendrons à relever chacun de nos défis.

Merci aux administrateurs du Club Performance Plus.

Propos recueillis par Paul Vincent Segoun, Rédacteur en Chef du Club Performance Plus

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